A Mona, aux élèves du cycle terminal, à tous les autres

Courir mais à quoi ça sert ?
Le point de vue de votre professeur d’EPS

Je commence par un fou-rire, bien entendu intérieur, celui que j’ai contrôlé, maîtrisé quand Mona (TS1) a exprimé un véritable cri du cœur ou plutôt du corps à l’issue de l’évaluation de fin cycle de course en durée. Promis, on ne la reprendrait plus, elle avait tout donné, c’est fini, elle ne courra plus jamais, jusqu’à la fin de sa vie !

Je suis triste. Je n’ai donc pas atteint mon objectif avec Mona, sans doute avec d’autres élèves qui partagent son avis. J’ai failli à ma mission, au rôle social que j’ai à jouer au travers de mon enseignement. Je n’ai pas été CAP de lui faire prendre conscience qu’il était important voire essentiel de continuer à faire de l’exercice physique régulièrement, si possible en endurance.

Et pourtant… De nombreux rapports (OCDE, OMS, Ministère) et revues scientifiques (Revue EPS, Sport & Vie par exemple que vous pouvez trouver au CDI) nous rappellent constamment la croissance de la sédentarité des jeunes, la baisse des capacités physiques, les inégalités de pratique entre les élèves, entre les filles et les garçons, le décrochage des adolescents en termes d’activité physique.

En tant que professeur d’EPS, sans vouloir stigmatiser, sans vouloir non plus être alarmant, puis-je accepter que l’obésité tue plus de nos jours que la faim dans le monde, que dans les pays de l’OCDE, plus d’un adulte sur deux est en surpoids ou obèse et près d’un enfant sur six, que les prévisions sont pessimistes au point d’envisager une personne sur deux en surpoids sévère aux États-Unis en 2050, que nous continuerons à vivre aussi longtemps … mais en très mauvaise santé ?

Sur un autre plan, peut-on accepter que la majorité des élèves voire des adultes passent en moyenne 6 à 7 heures par jour devant un écran (téléphone portable, tablette, télévision) réduisant d’autant le temps d’exercice physique ?

Cela nous amène à nous interroger : dans quelle société souhaitons-nous vivre ? Quel type de femme et d’homme voulons-nous former ? Physiquement et socialement.

Toutes les préconisations vont dans le même sens, il faut augmenter la pratique physique des jeunes (et des moins jeunes), développer les formes de pratique sportive en endurance pour améliorer la longévité en bonne santé.

Alors, Mona, promets-moi de continuer à courir !

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